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27 mai 2020

Les bijoux de Sophia Vari à la galerie miniMASTERPIECE

La galerie miniMASTERPIECE, spécialisée dans les bijoux d’artistes, présente l’exposition « Formes et Matières » consacrée à la sculptrice grecque Sophia Vari.

Par Sandrine Merle.

 

 

Les bijoux de Sophia Vari, versions miniatures de ses œuvres, se composent d’un enchevêtrement de formes monumentales, abstraites et sensuelles, toutes en rondeur. Plastrons en ébène, bagues spiralées, bracelets en or composés d’enroulements et de tubes… L’époxy, une résine extrêmement légère, a récemment fait son apparition dans l’œuvre de l’artiste octogénaire vivant entre Monaco, Athènes et l’Italie. « L’époxy m’a essentiellement permis de résoudre la question du poids du marbre car une œuvre de plusieurs tonnes est extrêmement difficile à déplacer, explique-t-elle. Radicale, la couleur rouge me permet, elle, de rendre formes et volumes plus lisibles. »

 

La genèse de ses bijoux

Sophia Vari n’a jamais été fascinée par les bijoux, encore moins par les pierres précieuses. Elle commence à en créer à la fin des années 80 par frustration, alors qu’elle voyage aux quatre coins du monde avec son époux, le sculpteur Fernando Bottero : comme son atelier lui manque terriblement, elle embarque avec elle de la Plastiline qu’elle sculpte en figures d’une quinzaine de centimètres. En voyant une cinquantaine d’entre elles alignées sur son étagère, elle réalise qu’elle pourrait les transformer en sculptures portables. « Je n’ai jamais dérogé à ce processus, je ne commence jamais par dessiner un bijou », précise-t-elle. La première est une broche qu’elle « aime porter sur un col tout près des cheveux même si aujourd’hui, les tissus plus fluides des vêtements ne supportent pas bien son poids. »

 

L’universalité de son œuvre

Difficile de référencer les bijoux de Sophia Vari qui portent en eux, bien sûr, l’héritage prestigieux de la statuaire antique. « Il faudrait 10 vies pour parvenir à comprendre les Cariatides devant lesquelles je me sens encore comme une étudiante. » Leurs noms sont inspirés par la mythologie grecque. Piéros, le collier en époxy rouge évoque le roi d’Emanthie, père de neuf filles portant les noms des neuf muses. Celui en ébène, fait référence à Hyperion, un des Titans assimilé au Soleil. Mais Sophia Vari refuse de citer les influences qui ont nourri son style, elle évoque à peine ses grands chocs esthétiques (Paris, la culture aztèque au Mexique, la rencontre avec Henry Moore). « Ceux qui provoquent un tel enthousiaste que vous devez vous précipiter dans votre atelier pour créer. » Sophia Vari est avant tout une artiste universelle.

 

Photo en bannière : scénographie Yann Delacour

 

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