Style

11 février 2020

La paille, sans un brin de nostalgie

Avec ses bijoux de tête, Nathalie Seiller Dejean revisite le travail de la paille dont la mode raffolait au XIXe siècle.

Par Sandrine Merle.

 

 

Avec des longues tiges séchées de céréales, on peut faire bien d’autres accessoires que des chapeaux. Nathalie Seiller Dejean crée des bijoux de tête, des diadèmes, des bandeaux, des fleurs à piquer dans les cheveux. Les tiges séchées des céréales glanées dans les champs évoquent de la dentelle et du crochet. Les délicates fleurs et graines jaillissantes forment alors comme une auréole divine.

 

Une tradition suisse

« Tout a commencé avec des éléments de passementerie en paille dénichés aux puces de Genève : des dentelles, des rubans anciens, des fleurs, etc. », explique Nathalie Seiller Dejean. Elle découvre que la Suisse a une longue tradition datant du XIXe siècle à laquelle est d’ailleurs dédié un musée, dans le canton d’Argovie. Cette matière fait écho à son enfance : « ma famille partait tous les étés à Zermatt. La gamine que j’étais s’ennuyait avec les adultes : je passais donc mon temps à ramasser des fleurs, à les tresser et à les mettre sur la tête des grands dont mon grand-père. Il se prêtait avec plaisir à ce jeu. »

 

Le travail de la paille

C’est principalement en Suisse que Nathalie Seiller Dejean chine de la paille brute ou déjà tressée qu’elle découpe ensuite. Sa préférence va aux jolis rubans anciens d’une délicatesse et d’une préciosité évoquant des ouvrages de dames. « En ce qui concerne la paille brute, j’ai appris seule à la façonner grâce à des livres. » Elle commence par l’apprêter pour la rigidifier puis elle la travaille à la chaleur pour lui enlever son côté brillant. « En revanche, je fais réaliser tous les micro éléments car ils demandent une patience infinie dont je suis dépourvue ! »

 

La poésie de la couleur

La beauté de ses parures (exposées en France dans les vitrines des boulangeries Poilâne ou à la galerie IBU), tient aux nuances, aux infinies variations dorées. « Sans ces vibrations chromatiques obtenues grâce à des teintures « maison » réalisées à base de thé, tout manque de vie. Je n’utilise aucune autre couleur excepté le noir, que j’aime en tant qu’ancienne illustratrice, profond et intense. »

 

Reste à relire le conte « Rumpelstiltskin » des frères Grimm qui écrivaient : « Ah ! soupira la jeune fille, je dois filer de la paille pour en faire de l’or… »

 

Photos © Noelle Hoeppe

Les parures de Nathalie Seiller Dejean sont vendues chez Cutter Brooks

 

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