Style

27 mars 2019

Hemmerle, la collection égyptienne

« Revived Treasures », la collection inspirée par l’Égypte ancienne, est emblématique du style Hemmerle, joaillier allemand basé à Munich.

 

 

Hemmerle, maison familiale indépendante, a choisi une stratégie hyper élitiste. Elle produit environ 200 bijoux par an, uniquement dans son atelier munichois. Fait extrêmement rare en haute joaillerie : chaque bijou unique est réalisé de A à Z par l’un de ses dix-huit artisans. Il est ensuite proposé dans la boutique située Maximilianstrasse à Munich ou dans quelques foires d’art comme TEFAF ou PAD. Et nulle part ailleurs. Autre caractéristique de la maison : elle ne réalise aucune commande particulière. Le comble du luxe réservé aux clients-collectionneurs qui selon des sources pourraient débourser au moins 15-20 000 euros. Mais chut… La maison ne donne aucun chiffres.

 

Hommage à l’Égypte ancienne

Cette collection a été créée pour fêter les 125 ans de la maison. Elle rend hommage aux origines de Yasmin, la femme de Christian Hemmerle qui dirige la maison avec ses parents, Stefan et Sylveli. L’idée est venue alors qu’ils rendaient tous les quatre visite aux parents de Yasmin, au Caire. Des éléments évoquant l’Égypte ancienne ont été chinés à travers le monde. Une tête de pharaon du 19e siècle est placée sur un pendentif en bronze et en cuivre. De véritables amulettes, comme la paire d’«Horus, Isis, Nephtys», sont montées sur des boucles d’oreilles. Un œil en faïence orne une manchette en bronze. Sur une bague en bronze, le diamant inversé évoque une pyramide.

 

Hemmerle, un vocabulaire atypique

On a avec cette collection un exemple du travail remarquable de cette maison qui n’utilise pas l’or jaune (excepté pour l’envers de certains bijoux), matériau par excellence de la joaillerie. Elle en préfère d’autres, plus atypiques : le bois, le cuivre, les galets, les piques de Mikado ou encore l’aluminium anodisé c’est-à-dire recouvert d’une pellicule colorée. Certaines techniques de sertissage ultra sophistiquées relèvent de l’ingénierie et des mathématiques. D’autres sont ressuscitées comme ces tricotins de micro-perles (un savoir-faire autrichien du 18esiècle) servant de chaînes. Cette excellence lui vaut aujourd’hui d’avoir ses pièces dans des musées comme le Victoria&Albert ou le Cooper-Hewitt, à NYC.

 

Image en bannière : Yasmin et Christian Hemmerle

 

Article sur le même sujet :

Les bijoux de Toutânkhamon

Les bijoux de l’Égypte ancienne au MET

Articles les plus lus

TFJP x Comité Colbert, savoir-faire et métiers de l'or en joaillerie

Derrière tous les termes très techniques se cachent des savoir-faire merveilleux, souvent réservés à la haute joaillerie ou parfois complètement...

TFJP x Christie's Paris, comment porter un bijou vintage

Pour rajeunir ce pendentif quadragénaire, il y a bien plus audacieux que l’uni, le noir ou le blanc !

Le retour du "serti dressé"

Parmi tous les sertis (sur griffes, clos, etc.), le « serti dressé » reste peu utilisé. Jessica McCormack en a fait sa signature.

Ce qu'il faut retenir de la Jewelry Week - Paris, Juillet 2022

Les matériaux alternatifs de Boucheron, la montée en puissance du co-branding, la bague du XXIIe siècle, des hommages au cardinal Mazarin… : la Jewelry...

TFJP x Comité Colbert, l'or dans la couture

Les couturiers ont toujours raffolé de l’or, métal jaune qui irradie et accroche la lumière comme aucune autre matière. Illustrations avec trois...

Qui est Anna Hu ?

Véritable feu d’artifice de pierres de couleurs, « Metamorphosis » est un bijou emblématique du style Anna Hu. Il est la métaphore du renouveau, du...