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26 mars 2019

Les bijoux de Toutânkhamon

L’exposition « Toutânkhamon – Le trésor du pharaon » présente 150 pièces dont 20 colliers, bracelets, bagues et boucles d’oreilles, découverts sur la momie. Passage en revue du somptueux trousseau funéraire de ce jeune pharaon.

 

En 1922, quand Howard Carter a démailloté la momie de Toutânkhamon reposant quasi-intacte depuis trois mille ans trois cents ans dans le fond de la Vallée des Rois, il a mis à jour des milliers d’objets dont des bijoux. Tous n’étaient pas portés par la momie : certains étaient posés dessus, d’autres enchevêtrés dans les interminables enroulements de bandelettes de lin. A priori, très peu ont été portés par Toutânkhamon de son vivant. Ils n’étaient pas là pour faire joli, ni pour laisser un témoignage : comme les autres objets, ils assuraient le passage vers l’Au-delà.

 

Le sarcophage paré

L’exposition présente un sarcophage noir, les jambes jointes, les bras croisés et les mains incrustées d’or. Il porte un collier avec scarabée et un pectoral en forme d’oiseau à tête humaine. Ses lobes sont percés car Toutânkhamon avait probablement, enfant, porté des boucles d’oreilles. Le sarcophage est ceint de huit bandelettes qui à l’origine maintenaient le linceul : formées par une série de plaques en or, elles sont décorées de hiéroglyphes et incrustées de bleu, rouge… Disposés autour, des bagues-sceaux et à ses pieds, d’amusants caches-doigts et des sandales en or, métal précieux omniprésent évoquant les chairs imputrescibles des dieux.

 

Les pectoraux, des cuirasses magiques

Dans un univers régi par les prières et les formules du Livre des Morts, chaque bijou a une place définie, tout est sens, tout est symbole. Les pectoraux, véritables chefs d’œuvre, servent à protéger le cœur et les poumons. Ces colliers hypertrophiés sont formés par des rangs de perles, des plaques d’or incrustées de bleu, de rouge, de turquoise. Ils figurent des vautours et des faucons solaires (représentation des déesses de haute et basse Égypte) aux ailes déployées, tenant dans leurs serres des anneaux symbolisant l’éternité. La barque lunaire et le scarabée, poussant un disque solaire en cornaline, sont omniprésents. Sur ces colliers extrêmement travaillés où le moindre millimètre carré a une signification, les fermoirs prennent la forme d’oiseaux de proie symboliques.

 

Les amulettes, des concentrés de pouvoirs

Sur les 150 bijoux découverts sur la momie, 20 amulettes étaient suspendues autour du cou avec un fil d’or ou intercalées dans les couches de bandelettes. Figurant les emblèmes de la vie, de la force, de l’éternité, scarabée, œil protecteur, vautour, ces minuscules bijoux ou objets religieux mettent particulièrement en lumière la gamme restreinte de matériaux employés. Ne connaissant ni le diamant, ni le rubis, ni le saphir, les Égyptiens utilisaient le verre coloré qui avait alors une valeur inestimable, la cornaline, la turquoise et le lapis-lazuli provenant d’Afghanistan. Si petites soient-elles, les amulettes ouvrent aussi l’imaginaire sur la vie des pharaons.

 

L’incroyable travail des orfèvres

Sur le pendentif représentant Toutânkhamon, les orfèvres ont restitué avec une incroyable précision les traits du visage, les plis du costume, les empreintes rondes figurant des disques en bronze fixés sur sa couronne de cuir. Les articulations des cache-doigts, les fibres de chanvre tissées des sandales, sont hyper réalistes. Leur travail de cloisonné miniaturisé prend toute sa mesure sur les ailes des vautours et des faucons. Avec une infinie minutie, ils ont aussi travaillé les envers en or massif, imitant les endroits (diaporama horizontal). Le ventre du scarabée ressemble à celui d’un véritable coléoptère.

 

On pourrait être saturé de cette esthétique égyptienne qui a connu tant de revivals. Celui provoqué par les campagnes d’Égypte de Napoléon, celui de la période Art déco ou encore celui des années 70. Mais dans cette sublime exposition, la magie opère plus que jamais.

 

« Toutânkhamon – Le trésor du pharaon »

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