Style

29 novembre 2019

Lydia Courteille, la vie d’une antiquaire du bijou

Avant d’être créatrice, Lydia Courteille était antiquaire du bijou. En fait, elle n’a pas tout à fait rompu avec son ancien métier…

 

 

« Dans ma vie d’antiquaire, j’ai acheté environ 7 000 bijoux anciens à des particuliers ou dans des ventes », annonce Lydia Courteille. Formée au Vase de Delft, elle se lance dans le métier au début des années 80. Le bijou ancien n’a pas autant la cote qu’aujourd’hui, il est l’affaire d’initiés. Sa boutique-cabinet de curiosité était remplie de merveilles : des broches Art nouveau, des boucles d’oreilles étrusques, des colliers indiens du 19esiècle, etc. Elle présente très tôt des pièces de Suzanne Belperron et elle initie la mode des vanités, ces têtes de mort montées en bague. A l’époque, Karl Lagerfeld est l’un de ses fidèles clients.

 

La passion de la glyptique

Dans son ancien métier, Lydia Courteille a eu en mains des centaines de camées et d’intailles, pierres gravées en relief ou en creux particulièrement en vogue pendant l’Antiquité et au 19eme siècle. Elle s’est prise de passion… « Quand elles sont de très belle facture, elles atteignent des prix élevés que seuls quelques connaisseurs comprennent. Un beau camée à 4 têtes, digne de figurer dans un musée, peut facilement atteindre les 30 000 euros. » Ses préférés ? Les plus exceptionnels, ceux non pas gravés dans des agates mais, dans des pierres précieuses : émeraudes, saphirs ou encore rubellites.

 

Chassez le naturel…

Aujourd’hui, Lydia Courteille s’est tournée vers la création. Une création baroque teintée d’un esprit 18e siècle. Chassez le naturel… Elle ne peut s’empêcher de puiser dans son stock des éléments anciens pour les intégrer à ses dessins ou de donner une nouvelle vie aux pierres précieuses d’une banale broche lapin. « Elles se sont retrouvées sur une de mes manchettes », précise-t-elle. Une sorte d’up-cycling joaillier qu’elle applique aussi au camée. Camée qu’elle réinterprète en faisant sculpter des pierres précieuses avec ses propres motifs tel Catherine II ou Léda et le Cygne.

 

Lydia Courteille est l’invitée de L’École des Arts Joailliers, le 12 décembre 2019

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