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01 décembre 2019

Grèce : ce qu’il faut savoir sur le bijou antique

L’histoire du bijou dans la Grèce antique est longue. Voici quelques millénaires résumés en 6 questions…

 

 

1- À quand remontent les plus anciens bijoux ?

La collection de bijoux du musée Archéologique National d’Athènes comprend des bijoux rudimentaires en os, dents, galets, corne datant de 7 000 ans avant J.-C. Mais les premières pièces anciennes remarquables sont celles des Mycéens, réalisées entre 1600 et 1200 avant J.-C. Découvertes dans les tombes de Mycènes, elles représentent des poulpes, des rosettes ou encore des papillons en or, les boucles d’oreilles forment des spirales, les fibules en bronze sont dotées d’une tête en cristal de roche, etc. Toutes sont disposées autour de la pièce majeure, le splendide « masque d’Agamemnon ».

 

2- Quelle est l’apogée du bijou en Grèce antique ?

L’âge d’or du bijou grec dans la seconde moitié du 4e siècle avant J.-C. et dans les suivants, le 3e et le 2nd, est associé à Philippe II de Macédoine et aux conquêtes de son fils, Alexandre le Grand. Dans sa tombe de Phillipe II découverte à Aigéai (au nord de la Grèce) et dans plusieurs sites de la période hellénique, des chefs-d’œuvre d’orfèvrerie ont été mis à jour, ils atteignent un niveau de maîtrise incroyable des techniques métallurgiques. L’or n’est jamais lisse : il est martelé, décoré de motifs en repoussé, en filigrane ou encore en granulation, c’est-à-dire des micro billes d’or. Les somptueuses couronnes sont formées par des entrelaces de fils d’or aux feuilles ciselées d’un réalisme troublant. Tout est d’une infinie délicatesse.

 

3- En Grèce antique, les bijoux étaient-ils portés ou réservés aux défunts ?

Bien que la majorité des bijoux Mycéniens et de la période hellénique ait été retrouvés dans des tombes, il n’y a aucune raison de penser qu’ils étaient réservés à un usage funéraire. On sait d’après les représentations peintes sur les murs, les vases ou d’après les figurines qu’ils étaient aussi portés de leur vivant lors de grandes occasions. Le fait que les bijoux reposent dans la tombe, près du défunt, montrent l’importance des symboles pour lui assurer son passage dans l’au-delà.

 

4- L’or était-il le seul métal utilisé ?

La majorité des bijoux conservés sont en or mais il y en a aussi de très beaux en argent, en bronze ou en électrum (un alliage). On ne trouvait pas assez d’or en Grèce, les difficultés d’approvisionnement lui conféraient donc une valeur accrue. Malléable, ce métal se travaillait facilement et pouvait donc être martelé en de très fines feuilles de moins de 1mm, par souci d’économie comme au temps des Mycéniens et à la période hellénique. La recherche compulsive d’or (et de richesses en général) fut une des raisons des conquêtes d’Alexandre le Grand dans les années 335-323 avant J.-C.

 

5- Quels sont les motifs emblématiques ?

Il en existe des centaines puisés dans la nature, la mythologie ou l’architecture : amphores, poulpes, serpent, papillon, nœud d’Héraklès, Eros, etc. Les feuilles de chêne des couronnes font écho aux têtes de bouquetins terminant les extrémités d’un jonc ouvert. Sur un médaillon, le buste d’Athéna est coiffée d’une tête de Méduse. Pour voir apparaître des bijoux polychromes, il faut attendre les conquêtes d’Alexandre le Grand : l’absence de gisement de pierres est alors palliée par les importations d’émeraudes, de turquoises, de rubis ou encore de lapis-lazuli venus d’Orient.

 

6- Pourquoi raffole-t-on toujours de ces bijoux  ?

La fascination des mythes, les formes épurées, la couleur de l’or jaune presque pur, la patine et les finitions à la main légèrement irrégulières, les symboles…  Les bijoux de la Grèce antique restent aujourd’hui une source d’inspiration. Pour les créateurs internationaux : de Marc Auclert à Dubini en passant par Marie-Hélène de Taillac, Cleopatra’s Bling ou encore Alighieri, on ne compte pas les marques contemporaines reprenant des formes, des motifs, des techniques comme la granulation ou de véritables éléments anciens. Et pour quelques Grecs comme Christina Soubli ou Nikos Koulis qui stylise le noeud d’Héraklès ou le serpent grâce la chaîne du même nom.

 

Merci au Centre Culturel Hellénique, Paris.

 

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