Mon agenda

08 septembre 2020

Luz Camino au PAD Paris

C’est la première fois que la créatrice espagnole Luz Camino présente ses pièces de haute joaillerie au public parisien. À découvrir au PAD Paris, chez Second Petale.

 

 

Ce salon, originellement dédié à l’art et au design, offre de plus en plus de visibilité aux bijoux. Cette année, l’événement tient à la présence de la créatrice espagnole, Luz Camino représentée par Arina Pouzoulic. Cette dernière, fondatrice de Second Petale, explique qu’elle a eu « un véritable coup de foudre pour ses créations figurant des végétaux ou des animaux hyper réalistes. D’une puissance extrême, ils nous transportent dans une dimension quasi spirituelle… J’en ai eu le souffle coupé. » Arina Pouzoulic lui consacre une vitrine entière, entourée d’autres créateurs contemporains talentueux comme Simona Tagliaferri ou plus anciens comme le grand Jean Vendome.

 

Haute joaillère

Luz Camino (dont les débuts remontent à 1978) est la première femme à créer de la haute joaillerie en Espagne, et uniquement avec des artisans madrilènes. « On pense souvent qu’elle est italienne », regrette pourtant Fernando son fils et plus proche collaborateur. Car le pays est peu réputé dans ce domaine : le nom le plus célèbre, celui d’Ansorena joaillier officiel de la Cour depuis le début du XXe siècle, n’atteint pas la notoriété d’un Cartier, d’un Buccellati ou d’un Bulgari. Le travail de Luz Camino se situe aujourd’hui au niveau de celui de JAR, de l’Indien Viren Baghat ou encore de l’Allemand Hemmerle.

 

Ode à la nature

Luz Camino ne réalise que des pièces uniques (et quelques petites séries) présentées chaque année à la TEFAF et lors d’un trunkshow chez Bergdorf Goodman ou Moda Operandi. Ils sont aussi exposés dans les plus grands musées comme le Victoria & Albert  (Londres) ou celui des Arts Décoratifs (Paris). Son propos n’est pas d’utiliser d’énormes diamants ou rubis, elle ne sur-joue pas le précieux et se moque bien de la valeur intrinsèque des matériaux. Elle mélange le bronze et l’or, la résine et les diamants, le cristal de roche et l’ébène ou encore la chromo-diopside et l’émail. Tous sont, comme les techniques, au service d’un seul objectif : retranscrire le plus fidèlement possible la beauté de la nature. Sa principale source d’inspiration.

 

Maître de l’illusion

C’est plus que du réalisme, on frôle l’illusion avec l’œillet présenté par Second Petale au PAD. Luz Camino le porte souvent à la boutonnière et certains pensent que c’est le comble du chic pour une créatrice de bijoux d’arborer cette fleur naturelle. En fait, ils ne perçoivent pas que les pétales dentés et laciniés d’une infinie délicatesse sont sculptés dans de la résine blanche. La tige en bronze patiné, doublée d’or à l’arrière, contribue aussi à cette perception. « Comme tous les bijoux conçus comme des sculptures, cet œillet peut être posé sur un meuble, explique Arina Pouzoulic. Il peut aussi être mis dans un vase. »

 

Secrets et savoir-faire

Dans son répertoire naturaliste où figurent également des épluchures de crayon de couleur ou des frites, l’émail plique-à-jour (technique très prisée par René Lalique) revient comme un leitmotiv. Dans son livre*, Juliet Weir-de la Rochefoucauld la qualifie même de « reine du plique-à-jour ». C’est vrai, elle en raffole pour obtenir la transparence des feuilles d’une pivoine ou celles des ailes de papillon mais, elle utilise aussi des feuilles de mica aux reflets miroitants. Il faut examiner à la loupe chaque bijou pour découvrir mille secrets inhérents à cette divine beauté : un bracelet sculpté d’un seul bloc dans un brut de lapis-lazuli, des diamants « jetés » dans de l’émail quelques fractions de secondes avant qu’il ne sèche…

 

Grâce à Arina Pouzoulic, il est possible d’admirer le travail de Luz Camino au PAD Paris. Et la créatrice sera là pour rencontrer les collectionneurs. Une chance incroyable à ne pas manquer.

 

Image en bannière : broche « Oeillet » en bronze et or, résine, quartz jaune, diamants – Édition limitée de 100 – Différentes couleurs

* Haute joaillerie – Bijoux exceptionnels du XXIe siècle par Juliet Weir-de la Rochefoucauld

 

Articles relatifs à ce sujet :

« Les coulisses de l’exposition » Jean Vendome à L’École des Arts Joailliers

Aller au PAD Londres

Articles les plus lus

Retourner au musée !

Les musées parisiens ré-ouvrent enfin. Nouvelle exposition ou prolongation, dédiée au bijou ou pas : voici en bref, celles que j’ai l’intention de...

"Une histoire (extra)ordinaire", l'exposition Chaumet

J’ai eu la chance de découvrir cette remarquable exposition en avant-première avec Jean-Marc Mansvelt directeur général de Chaumet. Nous avons...

Découvrir le rubis à L'École des Arts Joailliers avec Marie-Anne Bruschi

L’approche du cours est très intéressante car elle va bien au-delà : elle est transversale. J’y ai retrouvé beaucoup de mes centres d’intérêt :...

Enfin un livre sur Aldo Cipullo!

L’étroite collaboration avec Cartier est au centre de la vie d’Aldo Cipullo, dans tous les sens du terme : elle commence dix ans après son arrivée à...

"Découvrir le monde des pierres", un cours pour vos ados à L'École des Arts Joailliers

Les cours proposés par L’École des Arts Joailliers s’adressaient également à un jeune public entre 5 et 18 ans. J’ai assisté à celui intitulé...

Vente Aguttes, éloge des bijoux non signés

Dans un bijou, la signature ne fait pas tout ! J’aime particulièrement ceux qui ne sont pas signés comme cette petite dizaine sélectionnée dans la...