Business

06 septembre 2016

Mellerio, joaillier du Second Empire

Pour son exposition « Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 », le musée d’Orsay a considéré que la maison Mellerio était la plus à même de représenter la section joaillerie.

Des joailliers qui existaient à cette époque, il ne reste que Chaumet, Boucheron et Mellerio. « Nous avons choisi Mellerio car cette maison a fait des bijoux dans tous les styles qu’affectionnait l’époque et elle a été le joaillier de toutes les personnalités », explique Yves Badetz, conservateur général en charge des arts décoratifs au musée d’Orsay. Pendant ces 18 ans marqués du sceau de l’ostentation, le luxe renaît : les élégantes changent de vêtements et de parures plusieurs fois par jour, au gré des bals à la cour de Compiègne ou des soirées à l’Opéra. Parmi les plus en vue à se rendre chez Mellerio, il y a bien sûr la famille impériale, la comtesse de Castiglione et aussi, les aristocrates russes, polonais, espagnols, italiens, dont le roi Victor-Emmanuel II. Ce dernier achète le diadème en rose sauvage pour sa future belle-fille.

Aux côtés de la couronne impériale et du diadème prêtés par le Louvre, les 35 bijoux Mellerio exposés expriment l’incroyable diversité de styles en vogue, à cette époque. La broche lilas d’inspiration naturaliste côtoie un bracelet serpent ou une broche scarabée évoquant l’Antiquité. Le pendentif ésotérique en forme de globe fléché et le bracelet rappelant la Renaissance étaient tout autant à la mode que la broche nœud en diamants de style Marie-Antoinette, idole de l’impératrice Eugénie. Ces bijoux donnent aussi une idée de la richesse folle des matériaux et des techniques : les fleurs montées sur des tiges flexibles tremblotent, l’émail se décline dans mille couleurs et les bracelets sont articulés, pour pouvoir se positionner jusqu’en haut du bras.

La pièce maîtresse de l’exposition est la broche paon commandée par Eugénie, en 1867, juste après l’Exposition universelle. Elle illustre l’esprit d’avant-garde de Mellerio qui vient tout juste de la racheter : les barbes bougent de haut en bas et d’avant en arrière tandis que la partie centrale sertie d’une émeraude, se détache pour devenir un pendentif ressemblant à un œil. À ce jour, elle est aussi le bijou le plus ancien figurant une plume de paon. Motif mille fois repris depuis et devenu un thème classique de la joaillerie.

Cette exposition consacrée au Second Empire met en lumière un âge d’or de la joaillerie faisant écho à celle d’aujourd’hui avec la même concomitance de styles, les mêmes prouesses techniques, la même sophistication et le même afflux de clientèle à la recherche de pièces extraordinaires.

 

« Spectaculaire Second Empire » au musée d’Orsay – Du 27 septembre 2016 au 16 janvier 2017

Articles les plus lus

Agent commercial, un intermédiaire d'avenir

En joaillerie, le rôle de l’agent commercial est de rendre accessible les plus prestigieuses boutiques indépendantes, les grands magasins et les sites...

Le poinçon en question

Le minuscule poinçon de maître, dont à-priori personne ne se soucie, risque d’être supprimé. C’est pourtant une catastrophe. En forme de losange...

Le marché du bijou en France, en 2018

Comme chaque année, Franceclat livre le panorama de la consommation hexagonale établi par la société Panel5. Comme dans toute l’Europe, en France, le...

Olivier Baroin, l'expert de Suzanne Belperron

Les bijoux de Suzanne Belperron s’arrachent dans les ventes aux enchères et chez les antiquaires. Rencontre avec Olivier Baroin, l’expert de la...

Kazumi Arikawa offre 3 bijoux exceptionnels de sa collection au Met

En tant que sponsor principal de  l’exposition « The Body Transformed », Kazumi Arikawa président d’Albion Art a donné 3 bijoux européens de la...

Avec Mené, Roy Sebag réconcilie bijou et investissement

Le Canadien Roy Sebag a imaginé Mené, une marque de bijoux en or et platine purs. Car sur le long terme, ces métaux précieux sont, selon lui, les...