Style

27 juin 2017

Feng. J, joaillière du XXIe siècle

Après Shanghai, Feng. J est sur le point d’ouvrir un deuxième showroom à Paris pour présenter ses pièces de haute joaillerie. À à peine plus de 30 ans, cette créatrice chinoise s’impose comme une figure incontournable.

 

La pièce signature

Ce collier « Orchidée » fait partie des 80 pièces produites par an dans ses ateliers parisiens, la référence absolue en matière de savoir-faire pour Feng. J. Le saphir central non chauffé de plus de 11 carats est le point focal du pendentif, l’intensité de sa couleur bleu violet agissant comme un aimant. Il ne fait référence à aucune époque, à aucun bijou du passé griffé. Autour de lui, s’organisent des strates de matières d’une richesse exceptionnelle : la volupté de la fleur est métaphorisée par une superposition de pistils et de pétales en jade sculpté, en diamants ou en titane d’une légèreté inouïe. Au premier coup d’œil, le niveau de technicité fait écho à la puissance du design. Les pétales tentaculaires se courbant avec grâce évoquent les ailes d’un papillon ou d’un oiseau. Sur les photos, l’atmosphère créée par le duo AlmaKarina ne fait qu’amplifier et sublimer la puissance mystérieuse, presque inquiétante, du bijou.

 

La haute joaillerie du XXIe siècle

Issue d’une famille de grands collectionneurs d’art et d’une longue tradition joaillière chinoise oubliée, Feng. J invente la joaillerie du futur. Adeptes du minimalisme, passez votre chemin… Sur ses orchidées mutantes et ses oiseaux hybridés, aucun à-plat de couleur ou de métal. Tout est extrêmement travaillé, serti, entremêlé, ciselé, empierré. Chaque détail est maîtrisé. Diamants, jade, saphirs et rubis forment des points individuels de couleur, inter-réagissant optiquement et créant des vibrations de lumière. Une version joaillière et digitale du pointillisme lancé par le peintre Seurat, référence de la jeune femme dont l’un des ancêtres était peintre de la famille impériale chinoise. L’effet de précision s’apparente à de la haute définition. La recherche esthétique flirte avec le défi technique, la virtuosité des artisans avec la virtualité. Comme une sculpture d’art contemporain de Damien Hirst ou de Jeff Koons.

 

La JAR du futur ?

Ce créateur américain, réputé pour sa maîtrise parfaite des couleurs et sa capacité à repousser les limites de la création, est le modèle de Feng. J. Pour tendre vers la perfection et la réputation de ce « Da Vinci de la joaillerie », elle a multiplié les expériences. Diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Londres, celle qui partage aujourd’hui son temps entre Shanghai et Paris a d’abord suivi des cours au Gübelin, prestigieux laboratoire gemmologique suisse spécialisé dans les pierres de couleurs, ainsi qu’à l’école BJOP formant aux métiers de la joaillerie depuis 150 ans. Celle qui est également passée par le studio du créateur anglais Alexander McQueen se trouve ainsi propulsée aux côtés de Wallace Chan et de Cindy Chao, les deux premiers créateurs chinois à avoir trouvé reconnaissance et notoriété en Europe. Des débuts aussi fulgurants que prometteurs pour une maison lancée l’année dernière, en 2016.

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