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09 octobre 2019

La vente Buccellati chez Sotheby’s Paris

Dans sa vente parisienne du 29 octobre, Sotheby’s proposera 26 pièces du joaillier italien Buccellati. Un événement à plusieurs titres.

Par Sandrine Merle.

 

 

Les pièces Buccellati sont rares dans les enchères et chez les antiquaires. Celles-ci ont été confiées à Sotheby’s par la maison Buccellati elle-même, pour célébrer ses 100 ans. Fait du hasard ou pas, elles marquent aussi l’annonce de Richemont, le 26 septembre dernier, du rachat de 100% de cette maison née au début du 20siècle.

 

La vente Sotheby’s

« J’ai souhaité avoir une sélection large en terme de prix », explique Magali Teisseire directrice du département joaillerie. Les pièces estimées entre €1 000 et €45 000 ont été créées entre les années 1970 et 2010 par Gianmaria Buccellati (décédé en 2015) et par son fils Andréa, actuel directeur artistique. On regrette qu’il n’y en ait pas de l’époque de Mario Buccellati, surnommé par D’Annunzio « le prince des orfèvres ». C’est en effet lui qui a « inventé » le style si identifiable au début du 20siècle. Cependant Sotheby’s en exposera une vingtaine (prêtée par la famille) pendant l’exposition précédant la vente : tiare des années 20, merveilleux bracelet en tulle ou encore broche des années 50. Une façon de souligner la permanence du style.

 

Le style Buccellati

Car dans ces pièces des années 70 à 2010, on retrouve les piliers du style Buccellati, l’influence du naturalisme et l’esprit de la Renaissance : les méandres de feuillages, les rosaces et surtout la dentelle. Magnifique, mimant celles de Bruges et de Valenciennes… L’or est percé à la main, alvéole par alvéole. Comme Mario Buccellati, ses héritiers ont également continué à sertir l’argent de diamants et à le mélanger aux ors jaune et rose pour accentuer la profondeur. « Tout est incroyablement subtil, le moindre détail est travaillé », s’enthousiasme Magali Teisseire.

 

Une poésie folle

La poésie du style Buccellati tient aux gravures maisons : « rigato » consistant en des rayures parallèles pour obtenir un effet soyeux, « telato » qui donne au métal l’aspect du lin, « ornato » avec ses minuscules motifs évoquant la nature. Ces minutieux coups de burins permettent de créer des effets de lumière et d’évoquer un lin, une soie, etc. Même les micro-fermoirs en forme olive, les attaches des boucles d’oreilles ou les micro-emmaillements sont dignes de ces techniques.

 

Le temps ne semble pas avoir de prise sur le style Buccellati dont les garants sont aussi les 15 orfèvres employés par la maison et les 200 graveurs des ateliers sous-traitants. Mais tout cela est fragile : en 2013, la famille a cédé la majorité à un fonds d’investissement italien avant que le groupe chinois Gangtai n’acquiert 85% du capital. Aujourd’hui, c’est à Richemont de préserver ce fabuleux trésor.

 

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Buccellati sous pavillon chinois

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