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23 mars 2016

René Boivin, un nom masculin-féminin

René Boivin : en fait, derrière le nom de ce joaillier français très prisé se cache une équipe de femmes.

 

 

« Un atelier de dames »

Dans les ventes aux enchères et chez les marchands, les collectionneurs traquent les bijoux René Boivin, maison familiale qui prend son essor vers 1905. On l’ignore souvent, la plupart de ces pièces n’ont pas été réalisées par lui car il meurt en 1917, mais par des femmes. Françoise Cailles, auteur du seul livre sur cette maison, la qualifie d’ailleurs d’un « Atelier des dames ».

 

Jeanne Boivin

Après la Première Guerre mondiale, son épouse Jeanne perpétue son esprit novateur avec des contrastes inédits de bois et de diamant, de cristal de roche et de pierres fines colorées comme les améthystes violettes, les saphirs, les péridots verts, etc. Elle privilégie aussi l’or jaune en pleine vogue du platine et les volumes architecturés. Elle supervise tout avec une exigence extrême, y compris la fabrication. Ce qui explique que les bijoux Boivin aient une main : autrement dit, ils sont identifiables au premier coup d’œil.

 

Suzanne Belperron

Deuxième femme incontournable dans l’histoire de cette maison : la dessinatrice Suzanne Belperron. Pendant plus de dix ans, elle travaille en étroite collaboration avec Jeanne Boivin, au point qu’aujourd’hui on ne sait plus vraiment qui faisait quoi et de laquelle de ces deux femmes venaient les idées. En 1932, Suzanne Belperron part en claquant la porte pour fonder sa propre maison (aujourd’hui ressuscitée par les américains Landrigan) parce que, dit-on, elle n’aurait pas pu apposer sa signature sur les bijoux…

 

Juliette Moutard

Lui succède alors Juliette Moutard, une amoureuse des oiseaux qui perpétue les formes architecturées et les influences étrusques si chères à la maison. Elle avait beaucoup d’humour et de l’esprit, perceptibles par exemple dans son bestiaire à l’attitude malicieuse. Elle concrétise les idées de Jeanne Boivin qui adore l’univers de la mer avec des étoiles de mer aux branches articulées. Puis elle va collaborer avec une nouvelle venue, la fille de René Boivin.

Jusque dans les années 70, ce trio féminin va perpétuer le style Boivin et marquer l’histoire de la joaillerie jusqu’alors entièrement dominée par les hommes.

 

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