Itinéraires joailliers

26 août 2016

Les bijoux de l’Égypte ancienne au MET

Datant de plusieurs millénaires, la plupart ont été retrouvés dans les tombes des rois et des reines, cachées dans la vallée du Nil. Leur design est époustouflant de modernité.

L’une des pièces maîtresses est le collier de la princesse Sithathoryunet, typique de ceux portés par les femmes de l’entourage du roi, représentant de l’ordre divin sur terre. Dans un état impeccable, le pectoral en or composé de 372 petits éléments en pierres précieuses fait apparaître le nom du souverain entouré de hiéroglyphes, de têtes de faucon symbole du dieu soleil, de cobras représentant des déesses protectrices ou encore des palmes signifiant l’éternité. Parmi les pièces les plus spectaculaires figure également un diadème orné de têtes de daim et de roses ou ce plastron composé de rangées régulières de perles en faïence jaune, blanche, rouge et verte. Il imite le collier porté lors des banquets, réalisé en grains de maïs, fleurs de lotus et dattes.

D’un point de vue esthétique et parfaitement subjectif, la majorité des bijoux de ce département mériteraient des rééditions. On s’imagine très bien portant l’une de ces manchettes à « rayures » de perles en cornaline et de faïence bleue, cette bague formée par un fil d’or irrégulier ou ce collier rudimentaire réalisé avec une simple corde retenant des perles de faïence ou de cauris. Les sandales et les cache-orteils retrouvés sur les momies des trois femmes de Thoutmôsis III, Menhet, Menwi et Merti feraient aujourd’hui probablement fureur. Selon les experts, ils n’ont cependant pas été conçus pour être portés : l’or pur ciselé très fin et très fragile, ne servait qu’à l’ultime voyage.

Il faut se laisser porter par la beauté des pièces car il est difficile de les situer chronologiquement dans les règnes de Amenemhat III, Senwosret II, Thoutmôsis III… Une chose est sûre : toutes ont influencé et influencent encore beaucoup les joailliers. D’abord à la fin du XVIIIe quand Napoléon revient des campagnes d’Égypte puis dans les années 20, juste après la découverte du tombeau de Toutankhamon. Chez Van Cleef & Arpels, un bracelet en diamants reprend des scènes avec des figures de profil agenouillées agrémentées de fleur de lotus, sphinx, dieu Horus. Aujourd’hui, c’est au tour de créatrices trendy comme Ginette NY, Garnazelle ou encore Aurélie Bidermann de réinterpréter et de styliser des éléments de cette époque dont le scarabée.

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