10 février 2016

Le solitaire, un achat clé

Le marché de cette bague de fiançailles classique est ultra concurrentiel, mais tellement porteur.

Les joailliers sont unanimes : le marché du bridal, comme on le nomme entre professionnels, est compliqué. La majorité des clients s’orientent généralement vers le solitaire, un diamant unique sur un anneau. Un modèle ultra classique censé traverser le temps sans se démoder, mais qui ne permet pas à une marque de vraiment se distinguer et d’être immédiatement reconnaissable. À chaque créateur et joaillier de trouver un twist pour décaler ou personnaliser ce simple anneau orné d’un diamant central. Tiffany & Co. met au point des sertis exclusifs comme le Tiffany Setting qui fête ses 130 ans. Grâce à six griffes le diamant est maintenu au-dessus de l’anneau pour qu’il capte mieux la lumière. Van Cleef & Arpels travaille le corps de la bague en motif Perlée, Chaumet stylise la monture en tiare, Maison Margiela, dans sa logique de décalage, scinde la bague en deux, etc. Autre inconvénient : la bague de fiançailles nécessite d’avoir un stock considérable en termes de design, de taille de doigt, de poids et de qualité de pierres.

Joailliers et créateurs cherchent pourtant tous à s’affirmer sur ce marché car la bague de fiançailles présente un énorme atout : la possibilité de recruter une nouvelle clientèle, plus jeune. Cette bague de fiançailles est aussi la plus susceptible de générer des achats en cascade : si le fiancé trouve un joaillier de confiance, il y retournera pour les différentes occasions de la vie comme une naissance, des anniversaires de mariage, etc. Chaque solitaire est donc imaginé pour aller avec les autres pièces de la collection comme les alliances et se combiner à l’infini. Dernier atout phénoménal : aujourd’hui, la bague de fiançailles se vend dans le monde entier, y compris en Chine où la classe moyenne toujours plus nombreuse, a adopté cette tradition.

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