Style

04 décembre 2018

Qui est Niessing ?

À Paris, la galerie Elsa Vanier présente en exclusivité les collections de Niessing, une marque allemande de bijou exceptionnelle. Et trop  peu connue en France…

 

 

À l’origine, en 1873, Niessing était un fabricant d’objets religieux et de bagues de fiançailles. La marque est née dans une petite ville de province tranquille, à la frontière néerlandaise. La fille du fondateur, Ursula Exner, la développe pour l’ériger dans les années 50 en n°1 des bagues de fiançailles en Allemagne. Aujourd’hui, Niessing est présent dans 23 pays avec 15 boutiques en propre. A Paris, elle est distribuée en exclusivité à la galerie Elsa Vanier.

 

Le style Niessing

Diplômée en arts appliqués et amie avec l’architecte Max von Hausen, Ursula Exner a fondé le style Niessing dans les années 70, sur les principes du Bauhaus : des lignes architecturées et minimalistes associées à la fonctionnalité. Les bagues et les pendentifs sont toujours abstraits. Le pendentif « Topia » est la stylisation d’une feuille avec des nervures réalisées au laser. Le pendentif « Mirage », composé de deux fines plaques d’or découpées et superposées, évoque les structures aux reflets changeants des ailes de libellule. Jeux d’ombre et de lumière, illusion d’un corps transparent, disques se répétant à l’infini… Ces bijoux extrêmement graphiques dégagent une indicible émotion.

 

Un alchimiste hors pair

Toute ornementation inutile est bannie. Le contrepoint à ces lignes minimalistes passe par les jeux chromatiques des métaux précieux. La perfection de l’anneau en platine est rompue par un « empiècement » d’or jaune. Niessing excelle dans les alliages précieux, mélanges d’or à du cuivre, de l’argent, etc. : l’or se décline alors dans une douzaine de couleurs, il devient vert, « Ivoire », « Rosewood », etc. Grâce à des techniques classées secrètes, la marque réalise de subtils dégradés d’ors de couleur. Sur le pendentif « Iris » ou le collier « Aura », le métal précieux passe du rouge au gris puis au rose et au jaune. Jaune, il vire au beige puis au gris pour revenir au jaune. Pas une bavure…  Le résultat évoque les nuances flamboyantes d’un coucher de soleil ou un subtil imprimé sur soie.

 

L’invention du serti « Tension »

Niessing n’utilise aucune pierre précieuse, hormis le diamant pour qui il a mis au point le serti « Tension ». Au lieu de l’enfermer dans du métal et donc d’amoindrir son éclat, Niessing le maintient entre les deux extrémités d’un anneau coupé. L’effet est saisissant : il est suspendu dans le vide, il semble flotter dans l’air… « Seul le diamant peut supporter cette mise sous tension à condition qu’il soit assez pur et qu’il n’ait pas de défaut de cristallisation sinon il se brise », explique Elsa Vanier. Depuis son invention en 1980, le serti « Tension » a été décliné dans 10 modèles et il est entré dans les collections du MOMA, à New-York.

 

Un bijou résume bien le style Niessing, synthèse parfaite entre graphisme, technicité et supplément d’âme : l’anneau « Performance » en platine recouvert sur le dessus, d’une couche d’or qui se cabosse au fur et à mesure qu’on le porte. Infiniment émouvant.

 

 

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