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11 février 2019

« Les robes Lalanne » au musée Yves Saint Laurent, à Paris

Y a-t-il encore des choses à découvrir sur le travail d’Yves Saint Laurent ? La nouvelle présentation du musée parisien donne en tous cas, l’occasion d’aller admirer de près les robes-sculptures réalisées en collaboration avec Claude Lalanne.

 

 

On a du mal à l’imaginer aujourd’hui mais dans les années 50-60, Yves Saint Laurent ne dessinait pas les bijoux de ses défilés. Il les choisissait parmi les créations d’artisans-paruriers attitrés comme Robert Goossens ou Roger Scemama. Mais pour la collection Haute Couture automne-hiver 1969, Yves Saint Laurent a demandé à Claude Lalanne de les dessiner.

 

YSL x Claude Lalanne

Le couturier avait découvert le travail du couple Lalanne dans les années 60. Il aimait cette signature artistique empreinte de surréalisme et de jeux d’esprit, foisonnante de trompes l’œil. Il a commandé dès 1965 des pièces pour son appartement de la rue de Babylone : un petit troupeau de « Moutons », un ensemble de miroirs figurant des branchages, etc. A propos du travail de Claude Lalanne, il disait : « ce qui me touche en elle, c’est d’avoir su réunir dans la même exigence l’artisanat et la poésie. Ses belles mains de sculpteur semblent écarter les brumes du mystère pour atteindre les rivages de l’art ».

 

Les robes-empreintes

Même s’il a rendu hommage à beaucoup d’artistes (Mondrian, Picasso, Van Gogh, Matisse…), Claude Lalanne est la seule avec qui il ait collaboré. Et quelle collaboration ! Elle a réalisé des moulages en plâtre du corps du mannequin Veruschka : poitrine, torse et estomac ensuite réalisés en cuivre galvanisé. Yves Saint Laurent a intégré ces sculptures polymorphes dans deux robes en voile de crêpe bleu et noir qui s’envolent… Du jamais vu. Le couturier décline ainsi son thème fétiche du caché-dévoilé déjà exploré avec la see-through blouse.

 

Une collaboration jusqu’aux années 80

Ces robes n’ont jamais été vendues mais elles ont créé l’événement et marqué le début d’une collaboration. L’année d’après, Claude Lalanne a réalisé des torques articulés en bronze doré ponctuées de lèvres, celles d’Yves Saint Laurent. Elle a aussi imaginé des ornements de turban, des colliers, des diadèmes ornés de papillons, de fleurs d’hortensia, de feuilles de chou, etc.

 

Toutes ces pièces présentées dans l’exposition, à ne pas manquer, font aujourd’hui partie de l’histoire de la mode et du bijou.

 

Au Musée Yves Saint Laurent – Du 12 février au 31 décembre 2019

 

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