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22 mai 2019

« Paradis d’Oiseaux » à l’École des Arts Joailliers

Dans « Paradis d’Oiseaux », L’École des Arts Joailliers présente 97 broches figurant des volatiles. Dont deux ensembles exceptionnels de Gustave Baugrand et Pierre Sterlé.

 

 

L’idée de cette exposition est partie d’une collection privée de broches-oiseaux datant de la 2e moitié du 19e siècle. « C’est extrêmement rare d’avoir autant de pièces de cette époque sur un même sujet », précise Joelle Garcia co-commissaire et chef du service diffusion et médiation des savoirs pour les Bibliothèques du Musée National d’Histoire Naturelle. Une seconde collection privée, centrée sur le 20e siècle, est venue l’enrichir de pièces de Mauboussin, Cartier, Marchak et surtout d’un ensemble exceptionnel de Pierre Sterlé. Complété par une vingtaine de broches du fond patrimonial de Van Cleef & Arpels (mécène de l’École), l’ensemble dialogue avec des œuvres esthétiques et scientifiques appartenant au Musée Nationale d’Histoire Naturelle et au Musée des Arts Décoratifs : un manuscrit du 16e siècle, un éventail Duvelleroy du 19e, un paradis d’oiseaux qui a donné son nom à l’exposition, etc.

 

Du naturalisme à l’abstraction

Dès l’entrée, la succession de volatiles annonce le fil conducteur : l’évolution du motif oiseau entre 1850 et 1960. Naturaliste au 19e siècle, il est ensuite soumis à de multiples influences jusqu’à devenir complètement abstrait. L’exposition commence avec les variétés terrestres : le dindon, un canard en train de skier, le coq, un flamant rose de Cartier ou encore des paons. La vitrine centrale montre ensuite des volatiles sur leur branche, la plupart étant des spécimens exotiques aux plumages opulents. Des oiseaux prenant leur envol leur succèdent dont un magnifique colibri en diamants et plumes véritables. Dans la dernière vitrine-volière, des dizaines oiseaux semblent en plein vol…

 

Les paons de Gustave Baugrand

L’un des points forts de cette exposition est la collection unique de paons de Gustave Baugrand, joaillier officiel de Napoléon III. D’un réalisme extraordinaire, ces paons se prêtent parfaitement à l’exercice de la broche grâce à leur roue exubérante se déployant dans l’espace. Gustave Baugrand réalise ces dernières dans de magnifiques palettes chromatiques de rubis, de saphirs, d’émeraudes, etc. Il le décline aussi en joaillerie blanche, en platine et diamants. L’une de ses broches-paons fait également office de montre, le corps cachant un boîtier.

 

Les oiseaux de Paradis de Pierre Sterlé (vidéo)

L’ensemble de broches de Sterlé date de la fin des années 50 au début des années 60. « L’oiseau de Paradis est son animal fétiche mais on ne sait pas s’il s’est inspiré de documents anciens comme ce manuscrit de style provençal du 17e siècle », précise Joëlle Garcia. Ses oiseaux de Paradis sont formés d’éléments composites servant son principal intérêt : la somptuosité des plumages. Peu lui importe la réalité ! Il entoure le corps en pierres et en perles d’ailes aux formes sophistiquées et serties de pierres multicolores. Il va jusqu’à faire disparaître le corps en l’épurant au maximum, en le réduisant à un seul trait. Ne restent alors que les ailes déployées.

 

Faire bouger les ailes

Au-delà du motif, le souci constant est de reproduire la légèreté, le mouvement… Au 19e siècle, les ailes de certains oiseaux vibrent réellement car elles sont montées en tremblants, c’est-à-dire sur des micro-ressorts. En 1957, Pierre Sterlé dépose, lui, une nouvelle technique appelée « cheveux d’ange » qui consiste à former la queue de l’oiseau avec des chaînettes en or de différentes tailles. Devenue sa marque de fabrique, cette technique lui aurait été inspirée par un bijou de la reine Cléôpatre, admiré lors d’une visite au musée du Caire.

 

Entre ciel et terre, la visite se déroule dans une pénombre au son de chants d’oiseaux extraits de la sonothèque du Musée National d’Histoire Naturelle. Une parenthèse enchantée.

 

Jusqu’au 13 juillet 2019 à l’École des Arts Joailliers

 

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