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11 avril 2018

L’Australie, un nouvel eldorado

L’Australie, ce pays qui nous semble très lointain et dont la densité de population est l’une des plus faibles du globe, suscite l’engouement chez les joailliers.

 

Des joailliers comme Tiffany&Co. ont commencé à s’installer en Australie, il y une quinzaine d’années. Mais depuis deux ans, tout s’accélère… A la fin de l’année, Chaumet va y ouvrir sa première boutique. De son côté, Van Cleef & Arpels s’apprête à ouvrir la troisième en moins d’un an. Et Cartier présente une exposition monumentale digne de celles de Denver ou de Paris, « The Exhibition ».

 

« The Exhibition »

Pour l’occasion, 300 pièces inestimables ont traversé la planète pour représenter l’évolution du style Cartier. Parmi elles, figurent les colliers du Maharadja de Patiala, de Barbara Hutton en perles de jadéite ou encore celui de Maria Felix, formé par deux crocodiles d’après des modèles vivants. La reine d’Angleterre, étant aussi celle d’Australie, a prêté un nombre record de bijoux dont le diadème Halo. Le bandeau Tutti Frutti, qui ne quitte quasiment jamais sa galerie des Bijoux du V&A car il est considéré comme trésor national, est là aussi. Et Cartier présente également un devant de corsage de la chanteuse d’Opéra australienne Nellie Melba, inspiratrice du dessert éponyme.

 

Pierres précieuses et créateurs contemporains

Jusqu’à présent on parlait de l’Australie pour sa mine d’Argyle d’où sont extraits les plus beaux diamants roses et ses mines d’opale. Ces dernières représentent 80% de la demande mondiale en joaillerie. On le sait moins, L’Australie est aussi un vivier de créateurs contemporains dont certains sont représentés à la galerie des Bijoux du Musée des Arts Décoratifs. Carlier Makigawa et Robert Baines sont les plus connus : la première imagine des bijoux en argent comme des constructions spatiales et le second réinterprète la technique du filigrane grâce à des fils d’argent revêtus de poudre colorée. Les autres se nomment Mari Funaki, Marian Hosking, ou encore Simon Cottrell.

 

L’Australie, nouveau pays asiatique

Deux raisons expliquent cette ruée vers l’Australie. Le pays affichait en 2017, sa 26e année de croissance, record absolu pour un pays développé. Le marché du luxe y est estimé à $2,4 milliards en 2019-20 (source IBISWorld), celui de la joaillerie à €808 millions en 2021 (source Business France 2017). Autre raison : le pays est en train de passer dans le bloc asiatique. Les rues sont tapissées de publicités traduites en coréen, en japonais et surtout en mandarin devenu la seconde langue du pays. Car les résidents chinois estimés à 500 000 forment aujourd’hui la troisième plus grande communauté. Sans compter les quelques 150 000 étudiants, millenials chinois également convoités. Tous, connus pour leur appétence du luxe et de la joaillerie, sont des clients potentiels.

 

« Cartier : The Exhibition », du 30 mars au 22 juillet 2018 à la National Gallery of Australia, Canberra

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