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25 mars 2018

Les bijoux chez Martin Margiela

Le Palais Galliera et le Musée des Arts Décoratifs organisent chacun une exposition consacrée à Martin Margiela : l’une sur sa maison, l’autre sur ses années chez Hermès. L’occasion de découvrir ses bijoux, aussi conceptuels que ses vêtements.

 

On pourrait croire que les bijoux généralement associés au précieux, à l’ornementation et à l’ostentatoire, n’intéressent pas Martin Margiela. Pourtant le créateur belge propose bien des bijoux répondant aux mêmes principes que ses vêtements. « Ne pas faire riche » fut en effet l’un de ses principes dès sa première collection en 1988. Adepte de la discrétion (il ne montre jamais son visage et refuse les interviews) et de l’expérimentation, il lacère et découpe les vêtements, déconstruit des pièces usagées, transforme des sacs en plastique en corsages, des céramiques brisées et des affiches en gilets, etc. Pour présenter ses collections-manifestes, il a une prédilection pour les stations de métro et les terrains vagues.

 

Up-cycling

Tout est susceptible de devenir bijou : un écrou ou un bouquet de rameaux de buis ramassés dans les parcs juste avant le défilé. Le collier « Pique-Bouchon » est réalisé avec un bouchon de liège : le mode d’emploi est livré dans un film au Musée des Arts Décoratifs (en home). « La possibilité du Do It Yourself est omniprésente chez Martin Margiela, » explique la commissaire Marie-Sophie Carron de la Carrière en évoquant aussi la robe et le top en néo cote de maille formée par des assemblages de bagues ou de chaînes, de colliers de perles vintage. Toujours cette obsession de l’objet qui a vécu…

 

Cuir et coton

Dans les deux expositions, les bijoux ne sont jamais en or, ni en pierre précieuse. Les objets récupérés sont accrochés, enfilés ou noués sur une ganse ou un bolduc, ce ruban en coton taillé dans le biais, utilisé par les couturières. Monochrome, blanc ou noir, il est enroulé autour du poignet ou en haut du bras. Il est passé et repassé entre les doigts. Le lacet de chaussure en cuir est simplement noué autour du cou ou muni d’une boucle pour se transformer en bague d’orteil.

 

Le bracelet « Double tour » d’Hermès

Dans les films présentés dans ces deux expositions, le créateur n’apparaît jamais mais on aperçoit ses mains et ses poignets ornés de bagues et d’un bracelet de force en cuir. « Ce dernier annonce le bracelet double tour de la montre Cape Cod d’Hermès, » explique Marie-Sophie Carron de la Carrière qui le suit depuis ses débuts. Inspiré par le harnais de cheval, ce bracelet double tour apparaît dès sa première collection, en 1997, pour la maison Hermès et sera un succès phénoménal. Une source d’inspiration infinie pour toutes les marques aussi.

 

« 12 », une collection contre nature ?

En 2009, Martin Margiela quitte sa maison rachetée par le groupe Diesel qui lance une collection de bijoux intitulée « 12 », en collaboration avec le joaillier Damiani. Elle capitalise sur le détournement, l’agrandissement, la déconstruction… Le solitaire est sectionné en deux, l’entourage de la bague marguerite est désolidarisé de la pierre centrale. Et pourtant il manque la magie de la radicalité et le supplément d’âme. Parce que cette collection de bijoux en or, argent et diamants symbolise ce que Martin Margiela dénonce : l’industrie du luxe?

 

« Margiela, les années Hermès » au Musée des Arts Décoratifs

«  Margiela / Galliera 1989-2009 » au Palais Galliera jusqu’au 15 juillet 2018

 

Image en bannière © Sandrine Merle

 

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