Itinéraires joailliers

18 mai 2016

Les horloges Tiffany à New York

À New York, en face de Grand Central Terminal, sur la 42e rue, levez les yeux…

L’horloge en verre installée au centre d’un groupe de statues est l’œuvre du joaillier américain Tiffany. Rares sont les privilégiés à pouvoir l’admirer de près, à accéder à l’envers de ce cadran de quatre mètres de diamètre par un dédale de couloirs aboutissant à une échelle rudimentaire en fer qui n’en finit pas. Sensation unique de passer la tête par l’un des panneaux de verre, de dominer la 42e rue, d’avoir ses aiguilles à portée de main… Installée en 1914, elle est l’une des plus belles démonstrations du savoir-faire du joaillier qui, depuis la fin du XIXe siècle, travaille le verre sous toutes formes : coupes, lampes, panneaux, etc.

Dans les années 50, cette horloge a bien failli disparaître avec la gare, menacée par la montée en puissance de l’automobile et la flambée des prix de l’immobilier. En 1992, il a fallu entamer sa rénovation… Dix ans à la démonter, à la transporter dans des ateliers pour la nettoyer pièce par pièce et reproduire celles qui manquaient. Le joaillier a réalisé l’autre célèbre pendule de Grand Central, placée juste à côté du bureau des informations, au centre du grand hall. Composée de quatre cadrans en opales, elle aurait été estimée entre 10 millions et $20 millions par Sotheby’s et Christie’s… Une chose est sûre : elle retarde d’une minute et ne perd qu’une seconde tous les 1 400 000 ans, comme celle de la façade, afin que les passagers ne ratent pas leur train.

Le joaillier est aussi connu pour avoir installé l’une des premières horloges publiques de la ville, en 1853. C’est celle que l’on peut encore voir sur la façade de son flagship de la Ve avenue. Spectaculaire, portée par une statue d’Atlas, elle est l’une des plus photographiées par les touristes. En 2011, Tiffany a finalement financé la rénovation de celle située à deux pas de ses nouveaux locaux, 200 Fifth Avenue. Datant de 1909, elle est la plus ornementée de New York.

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