Itinéraires joailliers

22 janvier 2018

Les bijoux au Louvre Abu Dhabi

On a beaucoup parlé de l’extraordinaire réalisation de Jean Nouvel. Moins des œuvres exposées. Qu’en est-il des bijoux ?

Par Sandrine Merle.

 

 

Montrer ce qui est commun. Décloisonner et faire dialoguer les cultures. Souligner la diversité. Autant d’ambitions que le musée illustre par la confrontation de 600 peintures, photos, sculptures, objets et seulement quelques bijoux. Ils suscitent jusqu’à présent peu d’intérêt. Dans la première galerie, apparaissent deux colliers d’une grande simplicité, formés par des rangs de perles irrégulières. Illustration des échanges ancestraux entre les actuels Émirats Arabes Unis et la Perse, l’Inde ou encore la Mésopotamie.

 

La galerie dédiée : « Premiers grands pouvoirs »

Plongée dans la pénombre, cette galerie met magistralement en lumière cinq pièces exceptionnelles : un plastron en forme de croissant de lune, un bracelet terminé par deux têtes de lion, un pendentif rectangulaire à double tête d’animal, une boucle de ceinture accompagnée de ses deux passants et un autre bracelet à décor végétal. Ce regroupement de bijoux de provenance celtique, chinoise ou encore achéménide met en valeur des similitudes civilisationnelles sur plusieurs siècles : la volonté d’afficher son statut grâce à un or très pur d’un jaune vif, les motif animaliers comme symboles de puissance et la sophistication de techniques comme l’utilisation de la fonte à cire perdue qui remonterait à 6 000 ans.

 

La fibule de Domagnano, pièce maîtresse

Cette épingle du Ve siècle, permettant de fixer le vêtement sur l’épaule, figure parmi les premières acquisitions du Louvre Abu Dhabi (au regret du Louvre originel). Cette pièce majeure découverte en Italie, à la fin du XIXème siècle, est emblématique : elle résulte d’un incroyable melting pot d’influences. Réalisée au Ve siècle lors de l’invasion de l’empire romain par les tribus barbares venues d’Europe de l’Est, elle associe la figure de l’aigle, symbole de pouvoir impérial à Rome à une croix chrétienne, au centre. L’or cloisonné, technique elle aussi apparue sous l’influence des tribus Barbares, est ponctué de grenats venant du Gujarat, en Inde.

 

Finalement les amateurs d’art décoratifs ne doivent pas manquer la galerie consacrée à « L’art de la guerre » riche en sabres, armures et poignards réalisées notamment en Inde ou dans l’empire Ottoman. Leurs manches, des merveilles, sont incrustés d’or et de pierres précieuses. Dans le futur, le Louvre Abu Dhabi s’enrichira de nouvelles acquisitions et de prêts. Reste à souhaiter qu’ils viennent satisfaire l’obsession de the french jewelry post

 

Un autre joyau à voir à Abu Dhabi, la mosquée Sheikh Zayed

 

 

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