Style

16 avril 2020

Grèce : 10 bijoux de l’Antiquité à nos jours

En matière de bijou, la Grèce a livré des trésors de beauté. De l’époque mycénienne à aujourd’hui, voici 10 pièces illustrant son évolution stylistique.

Par Sandrine Merle.

 

 

1- Bague gravée, époque mycénienne XVIe-XIIe avant J.-C.

Cette intaille ayant probablement appartenu à un prêtre fait partie des premiers bijoux extraordinaires produits par les orfèvres grecs. On est à l’époque décrite par Homère dans l’Iliade. Sa taille (la plus grande connue de cette époque) et sa grande précision permettent d’apprécier la scène de libation, offrande de vin ou d’huile d’olive à une déesse. D’autres bagues de ce type, mises à jour dans les tombes royales présentent des gravures de scènes champêtres ou de chasse comme celle de Pylos.

 

2- Collier en perles de sardoine, IXe-VIIIe avant J.-C.

Ce collier a été réalisé à la fin des « siècles obscurs » allant de 1200 à 700 ans avant J.-C. Sa grande simplicité lui confère pourtant une modernité folle.

 

3- Boucles d’oreilles, fin du IVsiècle avant J.-C.

Les boucles d’oreilles sont un bijou emblématique de la période hellénique. En or très orfévré, celles-ci illustrent la richesse des combinaisons de techniques et de formes. Les femmes portent aussi des modèles figurant des amphores en filigrane, des croissant de lune décorés de granulation, des nœuds d’Héraclès ou encore des Éros illuminés de pierres de couleur. Ces dernières affluèrent après les conquêtes orientales d’Alexandre Le Grand.

 

4- Couronne de la reine Méda, 336 avant J.-C.

Cette couronne en or ayant probablement appartenue à la reine Méda a été découverte dans l’antichambre de la tombe royale du roi Philippe II, associé à l’âge d’or de la Grèce. A motifs de fleurs ou de feuilles, les couronnes étaient réservées aux représentations des divinités ainsi qu’aux rois et aux élites lors des fêtes religieuses, des processions ou des banquets.

 

5- Cache-chignon, IIIsiècle avant J.-C.

Ce gracieux cache-chignon, l’un des rares à être parvenu jusqu’à nous, est un témoignage de l’incroyable virtuosité des orfèvres de cette époque. La partie spectaculaire de ce bijou de tête est un médaillon en or repoussé figurant généralement une divinité : Aphrodite, Artémis, etc. Placé sur le chignon, il était retenu par une résille d’or elle-même fixée à un fin bandeau encadrant le visage. Il pouvait aussi être agrémenté de chaînettes tombant dans le cou.

 

6- Paire de bracelets de bras, IIsiècle avant J.-C.

Il faut regarder de près ces motifs en émail cloisonné incroyablement préservés… Chacun des tritons porte Éros sur son épaule. La micro attache sert à fixer le bracelet sur la manche du vêtement afin qu’il ne glisse pas sous l’effet de son poids.

 

7- Paire de bracelets byzantins, IXe siècle

Ces bracelets ont survécu à l’histoire mouvementée de Thessalonique. Ils ont été enfouis une première fois en 904 lors de l’invasion de cette ville, très prospère, par les Sarrasins. Après la chute de Constantinople, Thessalonique est la scène d’incessantes batailles… Les voilà ré-enfouis vers 1660 avec des dizaines de pièces de monnaie en or, probablement rassemblées par un riche marchand. Définitivement exhumés en 1956, ils se trouvent maintenant au musée de la culture byzantine de Thessalonique.

 

8- Pectoral de mariée, seconde partie du XIXsiècle

Ce collier de mariage provenant d’Attique, à l’est de la Grèce, est formé par des chaînes retenant 7 médaillons en or filigrané et repoussé. Les turquoises côtoient le verre coloré. A l’origine et jusqu’à la guerre d’indépendance (1821-1829), ces médaillons étaient des pièces de monnaie offertes par la famille constituant la dot.

 

9- Collier de Lalaounis, années 70-80

En pleine vague hippy chic, le bijou grec renaît de ses cendres. Lalaounis (l’un des deux joailliers à occuper le devant de la scène avec Zolotas) met en lumière les techniques et les formes minoenne, mycénienne ou hellénique. Nombre des bijoux sont aujourd’hui exposés dans son musée, situé à quelques pas de l’Acropole.

 

10- Pendentif d’Ele Karela, 2019

Pour les créateurs contemporains, ouverts à d’autres influences, l’Antiquité grecque n’est plus l’alpha et l’oméga. Ele Karela en est un exemple avec ses couleurs franches et des lignes graphiques. La nouvelle génération continue à faire rayonner la Grèce.

 

Merci au Centre Culturel Hellénique (Paris) et à Aegean Airlines.

 

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