24 juillet 2017

Les Leopards Awards

Promouvoir l’histoire, le présent et le futur de la joaillerie anglaise : voici le but de ces premiers Leopards Awards, lancés le 15 novembre prochain lors d’un dîner de gala au Goldsmiths’ Hall, ancien QG de la guilde des orfèvres. Quatre récompenses dont celui de Best Jewellery Moment dans un film, Jewellery Icon et Best Jewellery Wearer de l’année, seront décernées. L’argent récolté lors de ce dîner ira, lui, à la fondation Prince’s Trust pour financer la formation joaillière de jeunes issus de milieux défavorisés.

 

Du B to B au B to C

Quatre créateurs londoniens de bijoux sont à l’origine de cet événement : Solange Azagury-Partridge, Shaun Leane, Theo FennellStephen Webster avec Susan Farmer, grande prêtresse des relations publiques. Vogue, le magazine partenaire, est représenté par Carol Woolton en charge de ce secteur. Pour Solange Azagury-Partridge, l’idée est « de s’amuser et de célébrer le bijou en l’associant à l’idée de glamour car les prix existants sont plus tournés vers les professionnels et le business (B to B) que vers le grand public, c’est-à-dire le consommateur (C). Alors que le bijou est omniprésent sur les red carpets, dans la mode, le cinéma et les publicités ».

 

La fine jewelry anglaise

Excepté Garrard, l’Angleterre n’a pas de maison séculaire excellant en haute joaillerie, c’est-à-dire créant des pièces uniques à plusieurs centaines de milliers d’euros. En revanche, Londres est le vivier incroyable de designers indépendants proposant des joyaux plus accessibles, créatifs et influencés par la mode. Ce n’est pas un hasard si les quatre fondateurs de ces Leopards, Stephen Webster, Solange Azagury-Partridge, Theo Fennell et Shaun Leane qui a travaillé avec Alexander McQueen, en sont les emblèmes. On compte aussi pléthore de noms comme Belmacz, Jasmine Alexander, Jessica McCormack, Hannah Martin, Alice Cicolini, Jacqueline Cullen, Philippa Holland, Ornella Iannuzzi ou encore Polly Wales.

 

Les ambitions

Cette cérémonie des Leopards Awards compte ainsi focaliser l’attention sur ce vivier de designers indépendants peinant à exister à l’international. En cela, elle prolonge l’initiative de Stephen Webster née il y a quelques mois, Rock Vault, permettant à certains de présenter leurs collections lors d’événements stratégiques. La cérémonie des Leopards Awards devrait aussi positionner ces designers indépendants en leaders de l’ultra-créativité et du luxe alternatif. Elle s’inspire ainsi de la mode et de la fashion week de Londres, devenue grâce à des créateurs comme Erdem, Mary Katrantzou ou encore Christopher Kane, la plus avant-gardiste du monde.

 

Bon vent !

« Nous ne fermons la porte ni à de grandes maisons internationales, ni aux designers d’autres pays », ajoute finalement Solange Azagury-Partridge. Car l’ambition est d’ériger ces prix en Oscars de la joaillerie et d’avoir un dîner de gala aussi prisé que celui du Met Ball, publicité mondiale pour l’industrie de la mode. Mais gare : le risque est qu’ils soient, comme ces derniers, happés et gâchés par les investisseurs de tout poil et qu’ils perdent leur authenticité. De philanthropique, le Met Ball est devenu l’un des événements les plus marketés et les plus sponsorisés, au point d’être surnommé « the ATM of the Met ».

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